Il s’agit d’explorer les relations entre écouter penser faire. Il existe des formes de visualisations sonores dans l’art qui exprimeraient une « pensée sonore » offrant un moyen de partager « l’imaginaire propre à l’univers sonore ». L’espace propice à l’enquête sur cet imaginaire serait l’espace du vivant qu’il s’agirait de médier par un répertoire ouvert.
L’espace en processus s’illustrerait à travers le classement de représentations visuelles sonores.
L’exploration de l’espace vécu par le biais d’outils sensoriels distincts (ici notamment de l’écoute), de la géomimesis (imitations des espaces vécus) nous permettraient d’analyser l’inter-relation entre l’univers sensoriel pratiqué, sa pensée intrinsèque et de son impact sur nos actions et notre comportement. L’enquête s’augmente encore davantage quand nous nous intéressons aux mutations historiques de la perception.
En illustrant cette thèse par des recherches artistiques, le façonnage de notre culture spatiale se révèlerait :
• Enquête sur des lieux de ritualisations culturelles de l’espace – soient-elles d’ordre public ou privé (églises, synagogues, places et cours, unités d’habitation) –
• Analyse de différents types d’aménagements sonores, (notamment les lieux pour la parole, les lieux pour le rassemblement ou encore les objets qui organisent la mémoire collective, des signatures ou métabolismes sonores telles par exemple les fontaines)
L’aménagement formulant souvent une certaine forme de préfiguration de la représentation suggèrerait une distinction par catégories : entre ce qui est représenté et ce qui doit être représenté. Produisant des décors qualificatifs, les aménagements anticipent la relation entre l’individu et de son altérité (soit elle publique ou privée). Révélatrices d’un désir d’identité culturelle, fonctionnelles ou psychologiques, sociales ou politiques, elles oeuvrent à l’identification de nous-mêmes. Elles composent un espace qui ressemble à une époque, une société, une vision, une utopie.
L’auteur s’appuie ici notamment sur des études réalisées en Europe :
D’une part des dessins d’écoute
• églises et cathédrales, de Metz, St Jean de Luz, Nice et de Clans en France, de Balwe et Dortmund en Allemagne, puis de Waclawa et de Cracovie en Pologne
• des synagogues de Cracovie (PL) et de Delme (F)
D’autre part des panoramas d’écoute et sites industriels
• notamment les fontaines de Clans(F), quelques fontaines à Londres(GB)
• le Haut-Fourneau de Völklingen (D)
• des places et quartiers (notamment le site de Nowa Hutta à Cracovie, PL)
Et encore des études plus journalistiques tels
• des interviews filmées : enquête sur les souvenirs sonores d’une habitante de Nowa
Hutta, (PL)
• des enregistrements de paysages sonores européens
Ces études s’enrichissent encore davantage. C’est notamment l’impact sur l’identification spatiale que suggèrent des cours d’eau aménagés, qui font le sujet d’une nouvelle enquête :
• système du canal d’arrosage et d’eau potable à Clans (F)
• la transformation de la Emscher, canal d’évacuation d’eau industrielle à Dortmund (D).
Nos outils de la représentation soutiennent presque toujours une relation au pouvoir : son actualité se lit dans les catégories et les paramètres spatiaux mis en valeur.
Parce que cette pensée se poursuit dans l’art contemporain, dont elle revêt divers aspects à la fois, par exemple l’immatérialité, le concept, le protocole, la carte ou la scénarisation pour aboutir à des interrogations sur le dispositif (disposer de) et l’exposition (s’exposer à), il
s’agirait d’y associer des analyses complémentaires :
- D’une part c’est la mise en contexte de la pratique de l’auteur dans un environnement d’art plus vaste. Historique d’abord, - il y a une Histoire de l’Art sonore-, puis contemporain, nous nous appuierons ici plus particulièrement sur le travail de Bernhard Leitner, architecte et bioacousticien et l’oeuvre de Christina Kubisch,
notamment les Strohmzeichnungen.
- D’autre part c’est la réalisation et l’analyse d’une oeuvre en tant qu’adossement à la recherche théorique. Ici il s’agit d’une dimension expérimentale qui nous livrera des renseignements quant à la méthodologie et la réalisation d’un type de démarche, ainsi que de ces définitions périphériques et progressives (protocoles d’action, outils
d’analyse, identifications, maquettes optiques et catégories spatiales, traductions visuelles sonores et ré-interprétations sonores de ces dernières).
- Puis c’est le vocabulaire de la construction, les outils d’analyse et de conceptions des urbanistes notamment dans leur attitude devant des concepts évolutifs qui semblent créer des conditions idéales pour interroger nos outils perceptifs actuels.
Les limites et la difficulté de cette démarche se logent dans le concept de médiation sonore par le biais de l’image. L’enjeu essentiel consiste ici d’enquêter sur la nature et la condition de cette médiation. À première vue, cette constatation semble anodine : elle place la réflexion sur le Son dans la confrontation à l’image dominante. On pourrait dire que le Son n’existe, que dans les limites et dans la frontière de ce qu’est l’image. Décrite par elle, négation d’elle ou opposition d’elle, la véritable différence est dans ce qu’on appelle « la forme » et l’attitude devant la forme. Transformant et renouvelant sa forme, le Son se définit par le processus et l’évolution.
Le dialogue sensoriel intrinsèque au son (le toucher notamment), la dimension régénératrice continuelle de l’écoute par le vécu, sa redéfinition permanente par le contact à l’autre semble pourtant nous permettre d’approcher un espace qui par sa pluri sensorialité permettrait une analyse atypique.
Au dépit des critères d’analyse traditionnels de l’espace que le regard nous offre, supposons donc qu’un autre type d’espace existe et que d’autres outils pour le penser puissent s’offrir à nous .
Résumé de thèse
Houda Mébarka BENDIB Architecte
Les corridors écologiques (trames vertes, trames bleues) : Une transition urbaine et environnementale?
Sous la direction de Henry TORGUE
Mots clés
Continuum, Corridor, Habitat, Matrice, Métapopulation, Mitage, Zone nodale, Zone-tampon
Le contexte de l’étude introduit la notion de corridors écologiques et mettra en lumière l’enjeu actuel sur le territoire, la société ainsi que sur la reconnexion des habitats entre eux. La biodiversité en général et les corridors écologiques en particulier
(« trames bleue et verte ») ont un impact et un rôle fondamentaux sur la question environnementale, favorisant des choix de solutions pour la transition et le changement des villes ainsi que leur aménagement afin de préserver et renaturer certains espaces et les relier entre eux dans une logique de continuité.
Ainsi, l’identification de corridors implique l’analyse de l’impact des changements climatiques sur la distribution des espèces afin de maintenir les connexions entre écosystèmes.
La mobilisation des différents acteurs s’impose donc autour de la problématique environnementale dans le cadre de la transition et du changement des villes. En dépit des apparences, la matrice urbaine entre les îlots de verdure n’est pas vierge
de toute biodiversité. Certains milieux assurent une connectivité physique ou fonctionnelle pour certaines espèces animales, végétales ou fongiques (friches, espaces d’accompagnement de voirie, jardins de particuliers).
Dans cette optique, il est également important de multiplier les espaces verts, la nature viendrait aussi investir les artères des villes (grandes rues, avenues), les façades, terrasses, panneaux de publicité et autres éléments urbains.
Dans le contexte de transition et de changement des villes, basé sur la fragmentation et la multiplication d’îlots denses, quel rôle de conservation de la nature peut jouer la biodiversité (« trames bleue et verte ») dans la réalisation d’infrastructures et la création de passages à faune et à flore ? Par ailleurs, un aménagement optimal peut-il être défini pour les infrastructures, souvent obstacles au déplacement des espèces terrestres et au déroulement de leur cycle de vie ?
Résumé de thèse
Gabriel BÉRUBÉ Architecte paysagiste
Expériences sensibles et design urbain, un projet de recherche création
Sous la direction de Jean-Paul THIBAUD
Au quotidien, l'usager de la ville, dans ses déplacements, chemine et déambule inévitablement à travers une panoplie d'espaces publics. Qu'il s'agisse de parcs, de jardins, de rues ou de squares, l'usager les appréhende à l'aide de tous ses sens. Sans en être pleinement conscient, son, odeur, lumière, ombre, chaleur, froid et vent lui permettent d'entrer en relation avec son environnement. De plus, par sa « culture » et son « humeur » du moment l'usager transforme considérablement sa manière de percevoir l'espace. Ainsi, l'expérience sensible de la ville se crée de cet entremêlement entre l'usager et l'environnement. Il serait donc évident de croire que les décideurs et concepteurs de l'aménagement des villes, prennent en compte ces différentes dimensions lors de la conception de projets de design urbain.
Force est de constater le contraire, les designers des espaces publics urbains actuels, omettent et minimisent la place de l'usager dans la conception de leurs aménagements, tout en excluant de leurs réflexions la prise en compte de l'ensemble de nos modalités sensorielles. L'expérience sensible de la ville tend donc à un appauvrissement au niveau de ces qualités polysensorielles. D'une part, les concepteurs se limitent, manifestement, qu'à mettre en avant la seule donnée sensible visuelle. Plongée dans un univers où la suprématie du sensorium visuel surpasse de loin l'ensemble des autres dimensions sensibles, l'expérience urbaine qui s'offre alors à l'usager n'est que façade, image et tape à l'œil. D'autre part, ces mêmes aménageurs, centrés sur leurs plans et maquettes, oublient l'impact de leurs créations sur l'expérience quotidienne de la ville vécue par les usagers. D'aucune manière, ils n'intègrent la dimension de l'usager pourtant fondamentale dans le processus de conception de leur projet de design. Il en résulte, des espaces urbains discontinus et sans intérêt au niveau sensoriel où chaque designer tente de faire sa « marque » dans le paysage urbain, mais sans pour autant être conscient des effets néfastes de ces aménagements sur l'expérience urbaine. Compte tenu de cet appauvrissement des qualités polysensorielles des espaces publics urbains, le présent projet de recherche pose la question à savoir s'il ne serait pas possible de penser le design urbain en mettant en avant une approche plus holistique?
Afin de répondre à cette interrogation, il sera question d’aborder le design urbain sous l’angle de l’expérience subjective vécue par l’individu ainsi que celle vécue par les collectivités présentes dans l'espace du quotidien urbain. Ce travail se concentrera plus spécialement sur la dimension sonore relative à cette prise de conscience novatrice de l'aménagement urbain sans pour autant faire fi des autres modalités sensorielles. Ainsi, les recherches sur l'environnement sonore qui ont mis à jour différents concepts tel que « l'objet sonore », « le paysage sonore », et les « effets sonores » seront complétées par des notions issues d'autres domaines comme la culture des sens, l'esthétique du quotidien et l'art sonore. Tous trois, permettront de combler certains manques qui se doivent de l'être dans des recherches touchant l'expérience sensible et le design urbain.
Cherchant non seulement à poursuivre et enrichir les travaux actuels sur l'expérience de la ville sensible, cette recherche désire faire le pont avec le mode opérationnel, c'est-à-dire chercher de quelle manière les designers pourront appliquer dans leurs pratiques ces différentes découvertes. En ce sens, un projet de recherche création prend une grande part de la recherche où la mise en place d'un dispositif artistique devient l'outil méthodologique de référence en ce qui concerne la collecte de données. L'observation experte in situ, les parcours commentés et l'entretien en profondeur viennent compléter le protocole de recherche de ce travail qui vise à mettre à jour des données sensibles sur l'expérience quotidienne de la ville et plus précisément sur l'interprétation que se font les usagers de la matière sonore située dans l'espace public urbain.
Résumé de thèse
Aurore BONNET Architecte
Qualification des espaces publics urbains par les rythmes de marche. Approche à travers la danse contemporaine.
Sous la direction de Jean-Paul THIBAUD
Mots clés
Espace public – Rythme – Corps – Pesanteur (poids des corps) – Marche – Danse
La marche est de plus en plus considérée comme un mode de déplacement dont on oublie, ou efface, progressivement son essence d’expérience sensible, sa dimension d’expérience de la ville par le corps.
En étudiant les rythmes de marche dans l’espace public urbain, nous cherchons à observer de quelle façon les éléments de l'environnement peuvent accrocher le piéton et lui donner son mouvement en même temps que cette expression du corps va révéler l'environnement.
La question des rythmes de marche nous a donc semblé impliquer assez directement celle de la pesanteur, du poids des corps et du corps-appui. Les déplacements du poids dans les corps et l’appui marquent l’affinement de notre questionnement dès lors que nous avons convoqué la danse contemporaine (la post modern dance et particulièrement le Contact Improvisation), en tant que discipline à travers laquelle le mouvement mobilise l’être par son corps. C’est donc aussi considérer que l’environnement du piéton devient un véritable partenaire dans son parcours. Le piéton et l’environnement vont s’ouvrir et s’accompagner l’un et l’autre, en se révélant à travers les transformations que génère leur rencontre.
Problématique
De quelle façon, l’environnement construit, peut-il devenir un corps avec lequel le piéton interagit ?
Comment s’établit la mise en tension des corps, la relation de pesanteur entre ces corps ?
Quelles qualités de l’environnement construit sont mises en exergue dans cette relation ?
Qu’est-ce que cela nous révèle du point de vue de la conception architecturale des espaces publics urbains ?
Hypothèses
Le rythme semble permettre d'explorer, par le corps du piéton, le rapport de connaissance (co-naissance) et de présence à son environnement.
La danse contemporaine peut permettre d'éclairer le sens des variations dans la marche et la nature de l’altérité entre le piéton et son environnement dans la manifestation du rythme dans la marche en milieu urbain.
Le vocabulaire spécifique, développé en danse, exprime l'interaction entre le corps et son environnement. La constitution d'un lexique à partir de ce vocabulaire pourrait alors permettre de qualifier des mouvements dans le déplacement effectué par le piéton.
Terrains d’étude
Deux espaces au sein de la ZAC Paris Rive Gauche ont été choisis pour faire l’épreuve de ce questionnement. Il s’agit de l’esplanade de la BnF et de la passerelle Simone de Beauvoir. L’esplanade de la BnF est un espace public au fondement du développement d’un nouveau quartier ; elle est encore aujourd’hui très critiquée car elle semble ne pas présenter la fréquentation espérée et parce que son statut d’espace public ne semble pas réellement établit. La passerelle Simone de Beauvoir a été largement saluée en tant que réalisation dépassant son statut de lien entre les deux rives de la Seine, parvenant, par sa forme, à s’imposer réellement comme espace public.
Méthodologie
Dans le cadre de cette thèse, des choix méthodologiques ont été faits, visant l’utilisation de la vidéo. Une phase d’immersion sur les terrains d’étude a inauguré cette étape du travail. Observer ce qu’il s’y passait, au cours d’une journée, au fil de la semaine, repérer les différentes temporalités, relever les lieux de passage et l’affluence, etc. Tout cela pour essayer de définir les endroits desquels pourraient être faites les prises de vues. Ensuite, une série de parcours commentés a été réalisée pour confronter d’autres perceptions de l’esplanade et de la passerelle sur des lieux qui semblaient stratégiques et aussi sur ceux qui pouvaient être problématiques. Enfin, la phase de filmage a été entreprise. La vidéo semble un outil propre à révéler l’importance que prend le temps pour faire apparaitre la manière dont le corps peut être affecté dans une situation et en lien avec ce qui l’entoure.
Résultats attendus
Nous attendons de ce travail de thèse de pouvoir proposer un répertoire des mises en tension du passant avec son environnement à travers ces expressions corporelles, ainsi que développer un lexique pour dire le corps dans son expérience de l’espace public.
Résumé de thèse
Laure BRAYER Architecte
Dispositifs vidéographiques et paysage urbain.
Sous la direction de Jean-Paul THIBAUD
co-direction de Nicolas TIXIER
Mots clés :
Ambiances urbaines, Dispositifs vidéographiques, Paysage en pratique (Taskscape), Temporalités, Partage des représentations.
Résumé du projet de thèse :
Cette recherche s’intéresse à la question du taskscape, ou paysage en pratique, comme l’une des dimensions clefs dans l’évolution permanente du paysage urbain. Située dans le champ des ambiances architecturales et urbaines ce travail interroge les potentialités des images en mouvement (images vidéographiques, cinématographiques, à des fins fictionnelles, artistiques, documentaires, scientifiques ou projectuelles) en terme de perception, de représentation et de conception partagée d’espaces publics urbains.
L’hypothèse principale de ce travail réside en l’idée que la vidéo peut participer à une meilleure compréhension de l’évolution du paysage urbain, c’est-à-dire du rythme créé par les activités individuelles et collectives qui constituent la dynamique de l’urbain. De plus, la représentation des dimensions sensibles, sociales et physiques d’un lieu à partir de l’outil vidéo est ici considérée comme un levier opérationnel dans le cadre de dialogues (entre différents acteurs : élus, concepteurs, habitants) concernant le devenir du lieu.
En considérant la portée opératoire des outils vidéographiques dans le cadre de recherches urbaines, ce travail s’intéresse aux dispositifs mis à l’œuvre dans de nombreuses vidéos représentant le taskscape. A partir d’un corpus d’extraits vidéographiques interrogeant le taskscape un catalogue des dispositifs va prendre forme.
D’autre part, des entretiens ont été réalisés auprès d’agences d’urbanisme françaises afin de saisir l’utilisation actuelle, potentielle et souhaitée de la vidéo dans leur cadre.
Cette recherche a pour finalité le développement d’une méthodologie spécifiquement basée sur l’utilisation de dispositifs vidéographiques afin comprendre le rythme urbain propre au taskscape, permettant ainsi la constitution d’un socle de connaissances nécessaires solide pour une conception mesurée et partagée du devenir urbain.
* * *
videographic apparatus and urban landscape
keywords :
Urban Ambiances - Videographic apparatus - Taskscape - Temporalities - Sharing of representations - Public bodies
This research is looking at the question of taskscape as a key dimension in the permanent evolution of urban landscape. Situated in the field of architectural and urban ambiances (or atmospheres), this work interrogates the potentialities of moving images (videographics or cinematographic ones, for fictional, documentary, scientific or projectual purposes) in terms of perception, shared representation and conception of urban public spaces.
The main hypothesis of this work takes shape in the idea that video can participate to a better understanding of urban landscape evolution, that is to say that video could grasp the rhythm created by individual and collective activities, which constitute the dynamic of cities. Moreover, the representation of sensitive, social and physical dimensions of a place by the videographic means is here considerated as an operational leverage in the frame of debate (between multiple stakeholders : politics, architects and urban planners, and inhabitants) concerning the future of a place.
Considering the scope of videographic tools in urban research, this work focuses on apparatus placed at work in many videos representing the taskscape.
From a corpus of viodegraphic sequences which question the taskscape, a catalogue of apparatus will take shape.
Secondly, interviews have been made with french agencies of urbanism ('agences d'urbanisme') in order to grasp their current, but also potential and desired use of video.
The purpose of this research is the development of a specific method based on the use of videographic apparatus in order to understand the urban rhythm of the taskscape, and thus, constitute a strong knowledge of the place necessary for a measured design and a shared representation of the future of the place.
Résumé de thèse
Julien DELAS Sociologue
la ville sensible à l’épreuve de l’âge.
Sous la direction de Grégoire CHELKOFF
Mots clés :
Surgissement, Perception, Expérience, Espace public, Âge, In Situ.
Le surgissement est ce qui apparaît de façon abrupte aux sens sans se laisser prévoir et qui contraste fortement avec ce qui était perçu avant son apparition. C’est une situation où le sensible est fortement sollicité et même parfois mis à mal tant il peut interroger ou même remettre en question des pans de notre expérience sensible ordinaire. Le surgissement nous oblige à réfléchir et parfois à agir, il nous fait réagir que ce soit par le geste, par le verbe ou par l’émotion. Il éclaire la tension qui existe entre le prévu et l’imprévu dans le sens ou il réalise cette confrontation. Le surgissement, en provoquant une réaction, engage mon corps et convoque mon expérience, révélant par là le rapport que j’entretiens à une certaine épreuve du monde, l’épreuve de l’altérité.
Nous faisons quotidiennement ce genre d’expérience dans la ville quand par exemple, m’apprêtant à traverser une route à pied, un klaxon retentit, signalant par là la présence d’une voiture qui peut être allait s’engager sur la voie que j’allais traverser. Ici, ce qui surgit, c’est le klaxon, indice d’un autre surgissement, la voiture. Cela fait partie de ces multiples situations imprévisibles dont la ville et ses espaces publics nous offrent l’occasion. L’imprévu fait partie de notre quotidien des espaces de la ville et nous voudrions ici en aborder une de ses manifestations en analysant le rôle et l’importance du surgissement dans la constitution de l’expérience sensible de la ville (dans l’épreuve des objets du monde et de l’environnement) et dans le rapport que nous entretenons à l’altérité.
Partant de l’hypothèse que ce qui relie les individus dans les épreuves de surgissement est leur rapport au monde, lui-même dépendant de leur expérience de vie, c’est-à-dire de leur parcours biographique, nous nous demandons s’il existe un effet de génération dans le rapport au surgissement. N’y a t il pas avec l’âge un rapport au monde différent qui se constitue dans et par l’expérience du monde et qui s’exprime dans la façon dont on va vivre l’imprévu ? Ainsi, ne se dégagerait-il pas des différences générationnelles dans l’expérience sensible des espaces urbains au regard de la capacité de la ville à provoquer de l’imprévu et à nous faire éprouver des surgissements ?
La méthode mise en œuvre a consisté à recueillir in situ des commentaires de perception en mouvement dans des espaces publics de la ville de Grenoble en France auprès de deux groupes d’individus appartenant à des classes d’âge très différentes à travers une situation de parcours dans la ville dont les conditions expérimentales ont facilité les situations du surgissement.
Cette recherche vise à mettre en critique certaines interventions en urbanisme et aménagement qui témoignent d’une volonté de maîtrise et de contrôle par la programmation et la prévision en montrant l’importance de l’imprévisible (à travers le surgissement) dans le vécu et le sens que nous donnons aux espaces urbains quotidiens et certaines de ses conditions de possibilité. Les types de rapport au surgissement que nous dégagerons par les analyses apporteront des connaissances plus précises quant à la constitution de l’expérience sensible, aux rapports que nous entretenons aux espaces urbains et à notre environnement, ainsi qu’au lien entre âge et expérience.
Olivia GERMON Architecte
Résumé de thèse
Sylvie LAROCHE Architecte
L’urbanisme commercial à l’usage : ambiances, pratiques et projets.
Sous la direction de Grégoire CHELKOFF
Mots clefs :
Commerce, architecture, périurbain, usager et perception.
La fonction commerciale a fortement influencé à diverses périodes historiques la morphologie du tissu urbain. Elle correspond à un besoin d’échanges matériels, à une nécessité économique, mais aussi à une demande sociale. Actuellement, le mode de conception des équipements commerciaux semble arriver à une rupture par rapport à la démarche antérieure, développée durant les Trente Glorieuses. Après avoir connu un fort développement quantitatif, mais peu qualitatif, la fonction commerciale promet un meilleur lien avec les villes.
En considérant ces nouvelles stratégies d’implantation et le changement de conception des parcs commerciaux, on fait l’hypothèse que l’urbanisme commercial en périphérie peut être un facteur de renouvellement urbain et d’articulation entre les différents espaces d’un territoire, à condition de le penser autrement.
En nous appuyant sur les discours actuels des élus, des associations de commerçants et des sociologues, on distingue deux types d’évolution architecturale possible de ces équipements. L’hybridation correspond à la transformation de ces territoires en favorisant d’autres fonctions. (L’adjonction de logements, bureaux mais aussi en proposant une accessibilité diversifiée). La deuxième tendance de transformation est la mutation environnementale, qui incite les promoteurs à rénover les parcs existant et à instaurer de nouvelles contraintes écologiques.
Selon les deux types d’évolution des équipements commerciaux, il y a lieu de s’interroger sur les processus de constitution et de mise en œuvre. La problématique de cette recherche se situe donc dans cette réflexion : Quels sont les facteurs d’articulation des parcs d’activités commerciales avec leurs contextes ?
La démarche de cette recherche se base à la fois sur des observations effectuées in situ et des entretiens avec les différents acteurs de l’urbanisme commercial. Quatre terrains sont analysés en fonction de trois approches : analyse architecturale (configuration spatiale, dispositifs), sensible (lumière, chaleur et son) et modalités d’usages.
Les enjeux de cette thèse sont donc d’une part de distinguer les leviers d’actions de ces mouvements de mutation et d’essayer de les évaluer et d’autre part, de sonder les limites du commerce comme moteur de renouvellement urbain. Les résultats de cette recherche ont pour objectif de dégager des dimensions architecturales et sociales prenant en compte les enjeux à relever concernant les renouvellements des espaces urbains en mutation. Nous estimons aussi que les modalités d’usages et leurs pratiques sur le milieu participent aux ambiances. Cette approche envisage le public, non seulement comme un consommateur réagissant strictement aux stratégies commerciales, mais aussi comme un acteur de l’expérience urbaine.
Résumé de thèse
Martine LEROUX Philosophe, sociologue
Le silence comme geste chez les personnes âgées en institution gériatrique et au domicile
Sous la direction de Jean-Paul THIBAUD
Objet de la proposition
Notre questionnement sur le silence fait suite à des études et recherches que nous avons menées dès la fin des années 80 en maisons de retraite et institutions gériatriques hospitalières. En institution, la notion polysémique de silence désigne aussi bien des ambiances sonores silencieuses, calmes, éventuellement avec fond sonore, que le silence des personnes en présence : silence des soignants au moment de la sieste, silence de réserve ou de repli dans la non-parole de nombreux résidents, plaisir du repos…
Au domicile, le silence vécu peut être plus ou moins paisible, s’éprouver dans le calme ou dans le bruit (environnement bruyant et/ou fond sonore) de la maison, il peut encore signifier une coupure plus ou moins grande avec le monde, réelle par l’isolement ou fantasmée. Là aussi, les ambiances dans lesquelles le vécu du silence se déploie diffèrent d’un espace à l’autre et selon les différents moments de la journée.
Cherchant à rendre compte de la « présence » silencieuse dans son rapport au contexte, nous considérons le silence comme un geste : qu’il s’agisse des institutions gériatriques ou du domicile, quels sont les modes d’être du silence vécu dans le retrait du grand âge et quelles relations ces modes d’être entretiennent-ils avec les ambiances dans lesquelles ils émergent et se déploient ? Quelles qualités et quelles conditions sensibles, sociales, temporelles, spatiales définissent des situations significatives d’ambiances et permettent de mieux saisir la dimension affective et existentielle du silence vécu ? Ces questions sont inhérentes à notre perspective.
Notre méthodologie repose :
tout d’abord sur les entretiens réalisés auprès de personnes âgées vivant en institution ou au domicile,en milieu urbain et péri-urbain ; avancées en âge, ces personnes ont des profils et des âges divers – à titre approximatif, plus de 70 ans ;
sur les informations recueillies auprès de soignants ou aidants institutionnels relatives aux personnes âgées rencontrées et aux ambiances dans lesquelles elles vivent ;
enfin, sur notre expertise des ambiances et facteurs d’ambiance.
Résultats attendus
Cet axe principal de la problématique vise essentiellement :
à enrichir la connaissance d’un vécu en contexte, par nature même énigmatique ;
à mettre en évidence des situations d’ambiances ordinaires et remarquables susceptibles d’aggraver ou d’améliorer le vécu du silence, et plus globalement le vécu au domicile ou en institution ;
à élaborer les bases d’une formation destinée aux soignants et aidants institutionnels et familiaux, et à formuler des recommandations en termes de création et de gestion d’ambiances.
Résumé de thèse
Guillaume MEIGNEUX
« PRATIQUES VIDEOGRAPHIQUES ET AMBIANCES URBAINES »
Sous la direction de Jean-Paul THIBAUD
co-direction de Nicolas TIXIER
Mot clefs : ambiance, usage, représentation, documentaire, compositing
Cette proposition de thèse s’inscrit dans un courant de pensée qui suggère d’enrichir en architecture le schème classique forme/fonction par la notion d’ambiance, désignant une situation d’interaction sensible entre la réalité matérielle architecturale et urbaine et sa représentation sociale, technique et/ou esthétique*1. Une des questions récurrentes dans l'ensemble des travaux articulant la notion d’ambiance est celle de sa représentation. «Comment représenter une ambiance ? Ou plus fondamentalement qu'est-ce que représenter une ambiance ? Voire même, est-il possible de représenter une ambiance ? »*2.
Ce projet de thèse propose d’aller chercher du coté de la vidéo et plus largement de l’image-mouvement *3une série de réponses possibles. D’abord dans le domaine du documentaire et de sa volonté à retranscrire le réel, l’effectif. Quels apports et quelles lectures de notre environnement immédiat nous proposent les réalisateurs de «documentaire de création» ? Ce premier angle d’approche permettra d’aborder des notions propres au langage cinématographique et d’interroger leur pertinence dans le cadre d’une étude architecturale avec la réalisation d’un documentaire autour du projet de rénovation d’une tour HLM par les architectes Druot, Lacaton et Vassal.
Cette approche cinématographique sera ensuite complétée par le recours à une technique de montage appelée le compositing*4. Cette technique permet d’enrichir le déroulement linéaire, horizontal de l'image-mouvement inhérent au cinéma (via le montage) par une construction verticale, simultanée de (et dans) l’image même. Par des cas concrets d’études urbaines, dans le cadre d’une recherche CIFRE avec l’agence d’architecture, de paysage et d’urbanisme INterland, il s’agira de voir en quoi cette technique est susceptible de pouvoir objectiver ( au premier sens du terme : rendre à l’état d’objet ) des usages et des pratiques liés à l'espace public. Ainsi il serait possible d’envisager de faire basculer l’image-mouvement de l’esthétique vers le rationnel, du figuratif vers l’information, pour offrir à la pratique de l’architecture un outil capable de retranscrire, d’analyser et de concevoir autour de la notion d’ambiance.
*1 Cf : dictionnaire de la géographie : et de l’espace et des sociétés ; LEVY J. et LUSSAULT M, éd. Belin, 2003. Pour une définition plus complète, se référer à l’ensemble des travaux de Jean-Francois AUGOYARD.
*2 cf. P. Amphoux, La notion d'Ambiance, Rapport de recherche n°140, Ecole polytechnique Fédérale de Lausanne, 1998.
*3 Nous reprenons ici la définition que propose G. Deleuze de l’image-mouvement : « c'est une image moyenne à laquelle le mouvement ne s'ajoute pas, ne s'additionne pas […] mais à laquelle le mouvement appartient comme donnée immédiate" G. Deleuze, Image-mouvement, Ed. de Minuit, 1983
*4 La composition (en anglais compositing) est un ensemble de méthodes numériques consistants à mélanger plusieurs sources d’images pour en faire un plan unique qui sera intégré dans le montage. Les sources peuvent être des images numérisées de cinéma, de dessin, de vidéo, ou des images numériques (dessin, 3D, effets spéciaux). Source : wikipédia.fr
Résumé de thèse
Arezou MONSHIZADE Architecte
Le rôle sensible de l’eau dans l’ambiance des jardins
Sous la direction de Grégoire CHELKOFF
Mots clés : Eau, jardin, désert, rareté, ambiance, espace,
L’eau anime un paysage particulier par ses qualités physiques et aussi par la vie et l’activité qu’elle apporte, où qu’elle se trouve.
Avec les développements de la science moderne et jusque dans la notion d’environnement durable, l’eau a été transformée en H2O comme une matière à consommer qui tendrait à perdre ses capacités sensibles. Aujourd’hui, à nouveau, l’eau, pour ses qualités esthétiques et environnementales, est perçue comme une ressource précieuse, au centre de nos réflexions sur la façon de concevoir et de gérer nos paysages. Par la relation perceptive, significative et symbolique qu’elle crée avec l’homme, elle inspire les concepteurs et les architectes qui se nourrissent de cette relation pour imaginer des différents espaces ou des monuments où le liquide et le solide se fondent. Si les éléments « naturels » comme l’eau, méritent une attention particulière, c’est parce qu’ils sont à la fois des facteurs constitutifs d’une ambiance et des domaines fondamentaux de gestion environnementale se rapportant à des problèmes écologiques de première importance. D’une certaine manière, il s’agit d’articuler une écologie des environnements physiques et naturels à une esthétique des ambiances architecturales et urbaines. Il en va ici du rapport entre le matériel et l’immatériel, question particulièrement importante dans le cadre d’une théorie des ambiances.
Tenant compte de la problématique de recherche, le terrain choisi est le jardin persan où l’eau se trouve sous différentes formes et dispositifs, de telle manière que dans la conception des jardins bien que situé en ¨contexte désertique¨, elle joue un rôle fondateur et omniprésent. Partant de l’hypothèse que l’eau, malgré sa ¨rareté¨ dans les régions arides - notamment dans deux jardins étudiés au centre de l’Iran -, elle se révèle comme élément construit de l’espace aussi bien qu’élément formant de l’ambiance. Nous nous demandons donc s’il y a un rapport entre la proportion d’eau et la qualité de l’espace. Nous nous posons la question de savoir comment se forme l’ambiance visuelle, sonore, thermique et dynamique à partir d’une quantité minimale d’eau disponible sur ces deux jardins.
L’objectif de ce travail est de dégager les principes et les dispositifs architecturaux utilisant l’eau comme élément d’ambiance, d’imaginaire, spatial et pratique dans l’aménagement des jardins. Ce travail se concentre plus précisément sur la dimension sensorielle de l’eau qui éveille nos sens par son image visuelle, sonore, thermique et dynamique en considérant la relation entre ¨quantité¨ et ¨qualité¨ qu’elle produit.
Les méthodes mises en œuvre ont consisté, dans un premier temps en des enquêtes à partir de la mémoire sensible et basées sur les souvenirs et les récits d’une dizaine visiteurs. Cela nous permet d’énoncer une interprétation sur la mémorisation des ambiances. Deuxièmement l’observation nous aide à repérer les dimensions objectivables de la présence de l’eau. Enfin nous avons recueilli in situ des commentaires de perception en mouvement auprès d’une vingtaine de visiteurs qui expriment certains effets sensibles et pratiques de l’eau dans le milieu du jardin.
Résumé de thèse
Magali PARIS Agronome& paysagiste
le végétal donneur d'ambiances; jardiner les abords de l'habitat en ville
Sous la direction de Olivier BALAŸ
Mots clefs : « petit » jardin en prolongement du logement, habiter et co-habiter, configurations d’ambiances de jardin, morphologie jardinée, imaginaire, effets sensibles et stratégies habitantes
Qu'est-ce qui pousse les citadins à jardiner, dans des contextes souvent peu favorables, les abords de leur logement ? Guidé par cette question, notre travail se focalise sur les pratiques habitantes du jardin privé de type balcon, loggia, terrasse et pied d’immeuble.
Parmi les nombreux travaux consacrés à l'étude des modes d'habiter urbains, peu se sont jusque-là spécifiquement intéressés au rôle du "petit" jardin. En particulier, comment ce « petit » jardin –et en particulier son jardinage- permet-il à la fois de se ménager un chez-soi et de cohabiter avec ses voisins ? C'est cette problématique que nous avons explorée en inscrivant notre travail dans le champ des ambiances architecturales et urbaines, faisant de l'environnement sensible une clé de lecture privilégiée des pratiques habitantes jardinières.
Notre enquête a porté sur quinze ensembles de logements grenoblois et parisiens situés en milieu urbain dense. Sur une période de quatre ans, elle s'est déployée autour du recueil de la parole habitante, couplée à des observations ethnographiques. Adoptant une approche pluridisciplinaire qui croise les dimensions spatiales, horticoles, sociales et sensibles du jardin, l’analyse s’attache à élaborer une typologie de configurations d’ambiances de jardins à partir de quatre critères : la morphologie (horticole et paysagère) des jardins, leur imaginaire, les perceptions sensibles et les stratégies habitantes dont ils sont le support. Cette typologie propose une rhétorique jardinière explicitant les formes de liens et de ruptures que les habitants créent entre eux et leurs voisins, entre leur logement et leur jardin, entre leur jardin et le voisinage et entre leur jardin et la ville. Elle intéresse directement la programmation et la conception des abords de l’habitat en questionnant les manières de composer le jardin et ses articulations au logement, d’agencer les logements entre eux et de penser le rapport du logement à la ville par le biais du jardin. Deux expériences pédagogiques réalisées à la fin de la recherche rendent compte de ce potentiel. Plus largement, cette recherche ouvre vers l’hypothèse selon laquelle les enjeux de l’habiter urbain se situeraient à la lisière jardinée entre un chez-soi (qu'il soit privé ou public) et la ville.
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Vegetation as an ambience giver Gardening the urban housing surroundings
Keywords : small garden at the housing surroundings, dwelling together, configurations of gardens’ ambiences, gardens morphology, imaginary, sensory effects and residents’ strategies
What encourages city dwellers to garden their housing surroundings often located in unfavourable contexts? Following this question, this research focuses on the residents' practices in private gardens such as balcony, loggia, terrace and ground garden.
Among the numerous works about the different types of urban dwellings, few of them interest in the role of small gardens. How do small gardens -and its gardening- allow handling carefully a home and help living together among neighbors? This research question is tackled through the field of urban and architectural ambiences, in which the sensory environment is considered a key element in reading residents' gardening practices.
For elaborating this work, we conducted a survey on fifteen dwellings, located in high-density urban context in two different French cities: Grenoble and Paris. During four years, we realised semi-directive interviews in addition to ethnographic observations in sixty households. We analysed the collected data through a pluridisciplinary approach that crosses spatial, horticultural, social and sensory dimensions of gardening. This approach aims at designing a typology -gathering configurations of garden ambiences- based on four criteria: gardens’ morphology, its imaginary; sensory perception and residents’ strategies. This typology proposes a rhetoric gardening that explores the different links and ruptures that residents create between them and their neighbors, their housing and their garden, their garden and the neighborhood and finally between the garden and the city. This work deals directly with the housing surroundings briefing and design by reappraising how gardens are composed and linked to the housing, how housings are organized with each other, while examining at the same time the way that gardens link together housing projects to the city. Two educational experiences have been realised in two french schools of architecture at the end of this research in order to test the design potentials of our typology. In a wider sense, we theorize that the urban dwelling issues are anchored in a gardening edge between a home (set on a private or public space) and the city.
Résumé de thèse
Noha SAID Architecte
Vers une écologie sensible des rues du Caire : Le palimpseste des ambiances d'une ville en transition
Sous la co-direction de Jean-Paul THIBAUD & Jocelyne DUBOIS-MAURY
La problématique de ma thèse traite de la notion de "palimpseste des ambiances". Dans ce travail, nous postulons que l'ambiance d'un lieu fonctionne comme un palimpseste qui est le résultat d'une superposition de différentes couches sensorielles accumulées au fil du temps. Dans cette démarche, une ambiance peut convoquer différentes strates de l'expérience, des coutumes du passé ainsi que des pratiques quotidiennes. Autrement dit, dans nos écologies sensibles, nous percevons des traces et des couches sensibles inscrites dans les configurations sensibles des lieux. Certains phénomènes ont perduré dans le temps.
Ce travail est appliqué au Caire qui est une ville millénaire. La ville a un tissu urbain complexe, a été exposé à de forts bouleversements et à des changements brutaux issue de la modernisation de la ville au XIX ème siècle, puis par le passage des politiques socialistes aux politiques capitaliste. Le résultat est une mosaïque métamorphosée et informelle de la ville. Toutes ces histoires de la ville sont inscrites dans les variations des formes urbaines qui ont la capacité de raconter son histoire. En fait, l'existence des formes urbaines successives nous offre la chance de retracer l’évolution des ambiances de cette ville depuis sa création jusqu'à aujourd'hui. Partant de l’hypothèse qu’une forme urbaine garde et préserve certains phénomènes sensibles en intégrant en même temps les changements des modes de vie. Pour mener une étude sur le palimpseste des ambiances d’une ville, le choix chronologique d’évolution des quartiers à étudier était essentiel afin de rendre compte la transformation des ambiances de cette ville d’une époque à une autre.
Quatre cas d’étude ont été choisis qui sont considérés dans notre travail comme des cas représentatifs de la transformation urbaine de la ville.
Ces quatre cas sont les suivants :
1) Le Caire Fatimide qui est un des quartiers les plus anciens de la ville avec son échelle intime, ses ruelles étroites et des bâtiments cohérents.
2) Chubra, un quartier populaire construit sur les terres agricoles au nord du Caire,
3) Héliopolis, une cité-jardin crée en 1905 à l’est du Caire à l’époque de la modernisation de la ville.
4) Le quartier le plus moderne Al Réhab City qui est un « gated community » comme exemple d’une forme récente empruntée des Etats-Unis.
Ce travail s’intéresse à l’identification des traits de l’ambiance de chaque quartier suivi par une étude transversale pour mettre à l’épreuve la permanence de certains phénomènes sensibles à l’échelle de la ville. L’approche par laquelle cette étude est menée se fonde sur une analyse des phénomènes insitu à partir des techniques d’observation, d’enregistrement sonore et de prises de vue ainsi que des techniques consistant à faire parler les habitants de leurs quartiers sous la forme de parcours commentés (pour accéder aux phénomènes sensibles qui composent la perception quotidienne des habitants). L’observation participante permet d’établir une idée sur les configurations sensibles de chaque quartier, puis les parcours commentés permettent d’accéder à la perception des habitants. Nous avons également utilisé des enregistrements vidéos et des prises de son.
L'architecte-urbaniste Robert Auzelle nous fournissait en 1965 l'ouvrage Dernières Demeures qui fait encore référence aujourd'hui en France et dans lequel il rassemble les approches historique, sociologique, typo-morphologique et prospective, faisant ainsi l'état des lieux des problématiques et références en question à cette époque en matière d'espace funéraire.
Alors que le service funéraire s’adapte tant bien que mal aux bouleversements culturels et à la sécularisation du monde occidental, des phénomènes nouveaux apparaissent et un domaine de questionnement encore souvent tabou émerge qui mérite l’intérêt des architectes et urbanistes.
Ce travail de thèse aspire à une mise à jour de cet état des lieux presque 50 ans après, utilisant cette fois de nouvelles méthodes d'approche par les ambiances développées entre autre au sein du laboratoire Cresson. Cette approche semble particulièrement adaptée pour explorer ces espaces-temps associés au vide, à la douleur de la séparation, au silence, au mystère de la mort comme au cycle de la vie dans toute leur complexité, leur intersubjectivité, et tout particulièrement étudiés dans leur relation à des espaces-temps plus quotidiens associés à la vie, au mouvement, au plein ou à l'activité que sont nos villes au quotidien.
Quels chemins sont empruntés, quelles stations sont proposées ou comment la ville compose avec la mort et quelle lisibilité en donne-t-elle? Cette lisibilité semble se perdre dans l'organisation fragmentée de l'urbanisation diffuse de la deuxième moitié du XXème siècle. Quels voisinages, quelles coexistences se sont alors formés?
La mort est une dimension de la vie collective qui est bien souvent colorée par la peur. Jean Ziegler dans Les vivants et la morten 1973 plaidait pour une thanatopraxis nouvelle. Qu'en est-il aujourd'hui de cette « thanatopraxis de la société capitaliste marchande et de la surdétermination qui la gouverne »? Comment le réveil écologique et les mutations sociétales de ces dernières décennies ont-ils influé sur l'évolution de nos thanatopraxis contemporaines? Sommes nous aujourd'hui peut-être prêts à affronter cette peur fondatrice en « restituant à la mort, donc à la vie sa valeur destinale et son sens collectif »? Une des possibilités d'affronter cette peur s'offre par l'espace, et donc par le temps, le temps d'une traversée, d'un parcours ou simplement le temps d'un geste, d'un acte de présence. Ce temps nécessite une certaine mise en scène spatiale, entre le rien et le trop, un espace de liberté; ce temps, les gestes, paroles et silences qui le constituent doivent pouvoir entrer en connivence avec l'environnement, le paysage, l'ambiance d'un lieu; de cette complicité entre un temps de dates et de durées et un espace de chemins et de stations peuvent se dégager des supports de sens que chacun peut s'approprier et signifier à sa manière.
Alors peut-on aujourd'hui nous interroger sur la forme du cimetière, sur le dessin des limites et des connexions avec son environnement humain, urbain et naturel. Il s'agira de réfléchir au « cimetière » comme un parcours. Et pour fonder ce travail sur un cas précis, je choisis la conurbation grenobloise qui présente une diversité d'équipements, d'institutions, d'associations qui ont pour tâche d'accueillir la mort et d'accompagner les vivants dans cette épreuve.
En me penchant particulièrement sur le cimetière, son environnement proche, son accessibilité et son positionnement dans la ville, j'effectuerai un tour d'horizon menant à une analyse typo-morphologique d'équipements ou d'aménagements funéraires nationaux et internationaux qui me permettra de dégager différents type de figures urbaines et de mettre en perspective l'analyse approfondie du cas de Grenoble avec d'autres contextes contemporains.
Une analyse des discours contemporains autour de la mort entrecroisant les points de vue des différents acteurs viendra compléter le travail de terrain.
C'est cette « relation » laissée aujourd’hui sans adjectif dans l’intitulé qu'il s'agira d'appréhender, d'entendre, de saisir et de décrire dans ses variations, son essence et sa fugacité.